Trop c’est trop, ou les raisons qui ont présidé à la création de ce site
mardi 8 juillet 2008
Nous n’avons pu rester sans voix lorsque nous avons découvert le projet de « sommet mondial des étoiles de la terre ». Disons le tout de suite, nous le considérons comme une manœuvre politicienne au service d’une mauvaise cause. C’est ce qui nous amène à créer ce site qui va s’attacher à le montrer et à apporter des informations et réflexions rigoureuses. Peu médiatisé, si ce n’est pas un site, c’est par les animateurs de la campagne en Italie contre l’attribution du prix Galileo à Blaise Compaoré que nous avons reçu la nouvelle du projet du premier sommet des étoiles de la terre à Ouagadougou sur le thème :
« CRISE ALIMENTAIRE MONDIALE, RECHAUFFEMENT CLIMATIQUE...LA PROTECTION DE LA PLANETE ET DE L’HUMANITE COMMENCE PAR LA MONDIALISATION DE LA SOLIDARITE ! » .
Il est question (voir le site du sommet à l’adresse http://www.starsforearth.org/ ?q=fr/node/3) de rassembler des stars mondiales aux côtés d’experts, de scientifiques et de Prix Nobel à Ouagadougou, les 28, 29 et 30 novembre 2008, « pour adopter, parrainer, populariser les 21 engagements pour la Terre » et de faire ainsi « la synergie entre l’aura des stars, la connaissance des Nobel et experts (en économie, en sciences..), et le dynamisme et l’inspiration des citoyens du monde entier ». Les internautes sont invités à voter pour les 50 plus grandes stars qui seront invités au sommet, et un grand concert organisé par Youssou N’Dour, l’ambassadeur du sommet auprès des artistes où sont déjà annoncés « Bono, Diams, Peter Gabriel, Irene Grandi, Gilberto Gil, Wyclef Jean, Carlos Santana, Simon and Garfunkel, Sting, Rokia Traoré ».
L’idée parait originale et peut-être susceptible, entre deux notes de musique, d’attirer l’attention d’une partie de la jeunesse aux aguets des faits et gestes du star système. Gageons qu’une telle initiative attirera une partie de la presse internationale et fera quelques titres des médias pendant un ou deux jours.
Si nous avons décidé d’ouvrir ce site c’est que nous nous posons bien des questions ? Par de là les apparences, ce sommet ne constitue-t-il pas une manipulation, voie même une supercherie dans lesquelles seraient, semble-t-il, déjà tombés quelques artistes et scientifiques ? Bien sur qu’échanger des idées pour l’avenir de la planète ne représente en soi rien de critiquable, mais s’agira-t-il vraiment de cela ?
Nous invitons les artistes et les scientifiques à s’informer sur la réalité du Burkina et de son actuel Président. Eu nous espérons les amener au moins à se poser des questions sur ce sommet et mieux à questionner les autorités du pays et les organisateurs sur l’opportunité à chanter les louanges de M. Blaise Compaoré comme le fait M. Jean Guion sur le site dns un article intitulé "Le Burkina Faos, l’Astérix africain" à l’adresse http://www.starsforearth.org/ ?q=fr/node/93. Mieux qu’ils profitent de ce sommet, s’il est maintenu pour interpeller les autorités de ce pays sur les disfonctionnements, en matière de droits humains, de droits sociaux, de justice et de préservation de l’environnement.
On note bien quelques ONGs comme WWF et même le Mouvement pour la terre et l’humanisme de Pierre Rahbi. Pourtant force est de constater que l’essentiel des partenaires annoncés sont des sociétés de communication. On trouve même un restaurant-club de luxe dénommé « l’Etoile de Paris » peut-être chargé de nourrir tout ce gentil petit monde et même de fournir quelques bouteilles de champagne.
Quant aux citoyens, commençons par s’étonner que, le jour où nous écrivons cet éditorial, les ONGs burkinabé ne soient toujours pas informées et encore moins invitées sans parler de la population laissée dans l’ignorance. La presse du Burkina Faso a commencé à évoquer ce sommet, début juillet 2008 et encore, ce sont les journaux réputés de l’opposition qui les premiers ont annoncé la nouvelle, non sans une pointe d’ironie où transparait déjà une grande perplexité quand ce n’est pas de la révolte.
Quant aux citoyens du monde dont il est question dans la présentation du site, ils ne semblent guère compter sur cette initiative pour faire avancer la lutte pour la sauvegarde de la planète et encore moins se précipiter à Ouagadougou qui pourtant devrait être la destination incontournable en cette fin d’année 2008 sur la route de la sauvegarde de la planète si l’on en croit les organisateurs du sommet. Il n’est d’ailleurs guère fait allusion aux différentes réunions internationales qui pourtant se multiplient à travers le monde pour trouver des solutions à ce qui constitue bien la préoccupation majeure de ce début de siècle. Le sommet a l’ambition « d’adopter, parrainer et populariser les 21 engagements pour la Terre » après quelques réunions entre experts et stars du showbiz, bien loin des ONGs, mobilisées depuis de nombreuses années sur ce sujet ni de la population du Burkina d’où sont parties les premières émeutes de la fin.
Mais avouons- le, ce qui nous a incités à réagir en ouvrant ce site, c’est bien l’article de Jean Guion cité plus haut.
Quelques morceaux choisi, « le Burkina serait un des pays les mieux gérés au monde », « stable dans un continent submergé de crises », « puissance diplomatique reconnue et efficace » il a su « conjuguer la bonne gouvernance économique et financière avec la bonne gouvernance morale basée sur les droits de l’homme ».
Ces succès seraient du aux burkinabé mais aussi à son président « qui a su imposer dans la vie politique de son pays certaines valeurs qui, si elles paraissent aller de soi pour les occidentaux, ne sont pas couramment admises en Afrique ou ailleurs ! Deux de ces valeurs sont le dialogue démocratique et la préservation rigoureuse de l’environnement ».
Oubliés donc l’assassinat de Thomas Sankara qui a mis fin a tant d’espoir de changement au Burkina Faso mais aussi dans toute l’Afrique, les guerres au Libéria et en Sierra Leone et son lot d’horreurs, les trafic d’armes et de diamants avec l’UNITA, la complicité avec les rebelles de Côte d’Ivoire, les assassinats du journaliste Norbert Zongo par les hommes de la sécurité présidentielle et le récent non-lieu dans cette affaire, l’élection récente avec 80% des voix, digne des meilleurs dictateurs du continent.
Jean Guion, issu des réseaux gaullistes, homme de la françafrique, n‘est autre que le communicateur attitré de M. Blaise Compaoré. On comprendra qu’il soit atteint d’une certaine cécité sur la passé de son patron qu’il tente par tous les moyens de faire oublier : assassinats dans son pays, fauteur de guerre dans la région, démocratie de façade… Son article en ouverture du site du sommet des étoiles de la terre et la coprésidence confiée à Jean Guion montrent le véritable objectif du sommet : une nième tentative de faire oublier le passé de Blaise Compaoré et tenter une fois de plus de le propulser au premier plan de la scène international afin de le proposer pour le prix Nobel de la Paix, comme tente de le faire depuis l’association des amitiés franc-burkinabé depuis quelques années.
Pourtant à vouloir trop en faire on prend des risques. Ainsi alors que M. Compaoré devait recevoir à Florence le prix Galiléo de la paix, les initiateurs de ce prix ont fait machine arrière après une campagne menée à Florence des habitants de cette ville. Et ce site qui va donc œuvrer à rétablir la vérité sur le passé récent n’aurait sans doute pas vu le jour, si nous n’avions pas été révoltés après cette tentative de trop. Informer donc, tel est notre objectif, aussi bien sur la réalité de la société burkinabé, mais aussi rappeler les propositions qui existent déjà en matière d’environnement.
Notre équipe n’est composé de bénévoles. L’idée a émergé au sein du réseau international qui a préparé le 20eme anniversaire de la mort de Thomas Sankara. Mais il s’est ouvert à d’autres milieux issus de la société civile burkinabé mais aussi de militants engagés de diverses façons dans la sauvegarde de notre planète.
L’équipe du site citizensforearth.info