Smockey et Sams’K Le Jah s’associe pour un CD de soutien aux étudiants

mardi 26 août 2008

Ces deux musiciens sont parmi les plus engagés du Burkina Faso, très populaires parmi la jeunesse qui voit souvent en eux leurs porte-paroles. Smockey a en quelque sorte introduit le RAP au Burkina en y créant à cet effet sa propre maison de production. Il en est à son troisième disque. Un de ses titres "A qui profite le crime" qui faisaient référence à l’assassinat de Sankara a été censuré. Il participe au projet présidents d’Afrique en collaboration avec d’autres musiciens du Continent dont Didier Awadi.

Sams’K Le Jah qui anime une émission de reggae sur un radio du Burkina est aussi musicien. Il a sorti l’an dernier un disque hommage à Thomas Sankara. Il a reçu des menaces de mort tendant à lui faire arrêter son émission dans laquelle il appelait les jeunes à prendre conscience et à se mobiliser pour défendre leur droit et leur dignité contre un régime qui les méprise.

Après le mouvement étudiant de juin 2008, voir la Déclaration des Centrales syndicales et des syndicats autonomes du Burkina Faso, à propos de la situation à l’université à l’adresse http://www.citizensforearth.info/Declaration-des-Centrales et la déclaration du collectif contre l’impunité au Burkina (codmpp) sur la crise universitaire : la crise universitaire est d’abord une crise de gouvernance ! à l’adresse http://www.citizensforearth.info/Declaration-du-collectif-contre-l), le gouvernement a décidé de fermer les cités universitaires mettant de nombreux étudiants à la rue face à de graves difficultés. L’ANEB a du s’organiser pour notamment leur assurer la nourriture à des prix modiques.

On notera que la solidarité des deux musiciens est très concrète puisque 50% des cettes du CD seront reversés aux étudiants. Vous trouverez ci-dessous un compte rendu d’une conférence de presse des deux musiciens le 23 aout 2008 publié dans le quotidien Le Pays N°N°4188 du 26/08/2008 (voir à l’adresse http://www.lepays.bf/quotidien/lumieres2.php ?codeart=16861&numj=4188) .

Le titre de l’album fait référence au fait que lors d’une manifestation d’étudiants, outre les gendarmes qui ont matraqué les étudiants, les soldats du régiment de la sécurité présidentielle sont intervenus et ont tiré des balles réelles pour protéger la luxueuse villa de François Compaoré, le propre frère du président, construite juste en face de l’université.

Ecouter le morceau A BALLES REELLES

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" A balles réelles" : Un maxi qui dénonce la crise universitaire

Le 23 août 2008, le Centre national de presse Norbert Zongo (CNP-NZ) a servi de cadre à un point de presse, animé par les artistes musiciens Smockey et Sams’K le Jah autour du maxi "A balles réelles".

"A balles réelles, les forces de l’ordre ont fait feu sur les étudiants... les parents ne comprennent pas que l’on s’en prenne, avec une telle férocité, à leurs enfants. Les enfants non plus ne comprennent pas que des adultes aient de tels comportements. L’université est fermée, les allocations sociales suspendues, les étudiants burkinabè sont devenus des réfugiés dans leur propre pays." Ce sont là des paroles fortes du maxi "A balles réelles". Pour en parler, les auteurs, Smockey et Sams’K le Jah ont animé le samedi 23 août dernier, au Centre national de presse Norbert Zongo (CNP-NZ), un point de presse. Pour l’occasion, ledit centre a refusé du monde. Etudiants, amoureux de la musique engagée, tous étaient au rendez-vous.

C’est un maxi de deux titres sur support CD, à travers lesquels Smockey et Sams’ K le Jah crient leur ras-le-bol suite à la crise universitaire. "A balles réelles" de Smockey traduit son engagement aux côtés des plus faibles ; plus que la mise à la rue des étudiants, plus que le fait que ces derniers soient devenus aujourd’hui des marginaux, il est question de bavure... "On est dans la rue", featuring de Sams’K le Jah et Smockey, est un véritable cri d’alarme, une interpellation, un appel à réflexion sur le droit de grève, de protestation lorsque rien ne va. Puis vint le moment du point de presse. Des questions allant de la promotion de l’œuvre, en passant par la censure, jusqu’au risque qu’encourent les artistes, ont été évoquées.

La censure, Smockey et Sams’K le Jah se disent préparés à cela. "Nous allons demander que l’œuvre soit diffusée. Ceux qui ne le feront pas n’ont qu’à savoir que nous avons Internet pour nous faire entendre.

Dans un Etat de droit, nous devons pouvoir nous exprimer", a déclaré Smockey. Pour sa part, Sams’K le Jah a laissé entendre que le maxi passe déjà sur Ouaga FM. "Nous sommes des citoyens du Burkina, et tant que la censure n’est pas officielle (décidée par le Conseil supérieur de la communication), l’œuvre doit être diffusée. Abordant la question des solutions à la crise, Smockey a fait savoir que seul le dialogue doit prévaloir. Il a relevé que la police universitaire n’est pas la solution à la crise, surtout que l’université est un temple du savoir et non du "mercenariat". Embouchant la même trompette, Sams’K le Jah a été plus virulent. "On dit que nous sommes en démocratie, mais on a l’impression d’être dans un Etat d’exception. Il suffit de parler pour vous retrouver à la gendarmerie." L’artiste s’est également révolté devant la passivité des parents d’étudiants. "Les parents se taisent alors que l’université est fermée et certains étudiants sont devenus vulnérables. Si une solution n’est pas vite trouvée, ne soyons pas surpris que l’on rase l’université pour en faire le siège d’un parti politique," a-t-il ironisé. La sécurité des auteurs a surtout préoccupé les participants au point de presse. Là-dessus, Smockey et Sams’K le Jah sont unanimes. "Le risque est énorme. Un métier sans risque n’existe pas." Et de prendre pour exemple Norbert Zongo. "Le risque est là, mûri, et nous attendons de pied ferme". Le CD est disponible au studio Abazon et au CNP-NZ au prix de 2000 F CFA. 50% des recettes seront reversées aux étudiants.

Par Gontran ZOUNGRANA


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