Le Burkina Faso ébranlé par l’« affaire Zongo » (aout 1999)

dimanche 13 juillet 2008

Nous publions ci-dessous un article paru dans le numéro du Monde Diplomatique d’aout 1999 (source http://www.monde-diplomatique.fr/1999/08/JAFFRE/12317). Il constitue une synthèse de ce qui constitue désormais l’Affaire Zongo, du nom du journaliste Norbert Zongo assassiné par des hommes de la sécurité présidentielle pour avoir dénoncer les scandales du régime. A ce jour l’Affaire Zongo n’est toujours pas officielle élucidée. Voir des nouvelles toutes récentes dans l’article intitulé " Non-lieu du dossier Norbert Zongo Un coup de force indécent" à l’adresse http://www.citizensforearth.info/Un-sommet-qui-bafoue-les-droit. Notons encore que Hyacinthe Kafando, cité dans l’article comme ayant disparu, a depuis réapparu. Il a même été élu député du parti au pouvoir lors des derniers electiosn legislatives.

Par Bruno Jaffré

AU Burkina Faso, l’obstination d’un journaliste - qui a payé de sa vie cette audace - a fait trembler sur ses bases le régime du président Blaise Compaoré, que l’on croyait solidement installé, auréolé d’un prestige diplomatique et humanitaire, douze ans après l’assassinat du capitaine Thomas Sankara, hérault du « pays des hommes intègres ».

13 décembre 1998, on découvre sur la route Leo- Sapouy -Ouagadougou un « 4 x 4 » immobilisé, brûlé. Les corps des quatre passagers gisent calcinés. Parmi eux, le journaliste Norbert Zongo. Les premiers témoignages excluent la thèse d’un accident de la route : il s’agit bien d’un assassinat.

Dès le 15 décembre, les élèves et les étudiants manifestent par milliers dans les rues, s’en prenant au Palais de justice et à plusieurs symboles du parti au pouvoir, le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP). Le 16, des dizaines de milliers de personnes accompagnent pendant plusieurs heures la dépouille mortelle de Norbert Zongo jusqu’au cimetière, à Ouagadougou : un cortège long de plus de 10 kilomètres.

Le lendemain, le CDP évoque « un complot froidement prédéterminé par des politiciens en perte de vitesse, prompts à pêcher en eaux troubles (1) ». Un collectif des organisations démocratiques de masse et de partis politiques s’organise, composé du Mouvement des droits de l’homme et des peuples (MBDHP), de la puissante Confédération générale du travail-Burkina (CGT-B), d’un groupe d’avocats, d’associations de journalistes, de partis politiques d’opposition et de diverses autres organisations.

Pendant plus d’un mois, une partie de bras de fer, ponctuée de journées de manifestation ou de grèves, oppose ce collectif au pouvoir. Le gouvernement accepte finalement certains préalables des oppositionnels : libération des personnes emprisonnées à la suite des manifestations et levée des sanctions prises contre certains d’entre eux ; réouverture des discussions sur les crimes impunis.

Le 23 janvier 1999, le collectif accepte de participer à la mise en place d’une commission d’enquête indépendante (CEI), qui comprend onze membres, dont trois représentants désignés par le pouvoir et différentes personnalités indépendantes ou représentants d’organisations non gouvernementales burkinabées (2). Le gouvernement met à la disposition de la CEI des gendarmes, des policiers, des greffiers et des chauffeurs : une somme de 122 millions de francs CFA lui est octroyée, dont une partie sert à rétribuer ses membres.

Norbert Zongo avait quarante-neuf ans lorsqu’il fut assassiné. D’abord instituteur, il s’était formé à l’école de journalisme de Yaoundé, après avoir fui le Togo où la police le recherchait pour ses activités syndicales en milieu étudiant. Il avait intégré l’agence de presse burkinabée, démissionnant peu après, puis travaillé dans plusieurs organes de la presse privée avant de fonder L’Indépendant, devenu au moment de son assassinat l’hebdomadaire le plus influent du Burkina. Comme les autres journaux, celui-ci avait reçu une subvention de 7 millions de francs

CFA en 1998. Mais son directeur veillait jalousement à son autonomie et s’était lancé dans l’exploitation d’une réserve de chasse - un « ranch » - qu’il rejoignait chaque fin de semaine, après le « bouclage » de son hebdomadaire.

Un climat de contestation

LA popularité de Norbert Zongo avait grandi au fur et à mesure qu’il dénonçait les scandales. Il enquêtait notamment, depuis 1996, sur une vaste escroquerie au détriment de l’Etat à la suite de la constitution de la Compagnie d’exploitation des mines d’or burkinabée (Cemob) avec l’aide de la Caisse française de développement. De nombreuses « affaires » avaient été mises au jour grâce à ses investigations : le monopole de l’exportation du cuir octroyé à la belle-mère de M. François Compaoré, frère du président ; un trafic de parcelles touchant des responsables du CDP ; ou la distribution de produits défectueux par la Société des fibres et textiles (Sofitex), qui avait provoqué la destruction des récoltes de coton de nombreux agriculteurs.

Les prises de position politiques du journaliste ne manquaient pas de virulence. En 1997, lorsque l’Assemblée nationale avait adopté un amendement constitutionnel permettant à M. Blaise Compaoré de se présenter à vie à l’élection présidentielle (alors que le texte initial limitait à deux le nombre de mandats), Norbert Zongo avait écrit : « Comment fera le président pour s’imposer aux intellectuels qui appréhendent les dimensions de sa dictature et le drame qu’elle représente pour notre peuple ? (...) Une seule solution s’impose à lui : emprisonner, tuer, faire disparaître. Il n’y a pas d’autre alternative. M. le président est bel et bien reparti pour la violence, qui fera bientôt de nouvelles veuves et de nouveaux orphelins par dizaines (3). »

En décembre 1997, des militaires de la sécurité présidentielle enlèvent David Ouédraogo, chauffeur de M. François Compaoré, pour l’interroger. Sa famille n’aura plus de nouvelles. Inlassablement, Norbert Zongo dénonce ce manquement à la justice, qui soustrait un suspect présumé de vol à la procédure normale. Cette affaire lui rappelle les décès, probablement sous la torture, de deux opposants : Guillaume Sessouma, professeur d’université, enlevé à son domicile en 1990 à 2 heures du matin, et l’étudiant Dabo Boukary, kidnappé en pleine rue la même année (4).

Il faut attendre les interrogatoires de la CEI pour apprendre que David Ouédraogo est mort à l’infirmerie de la présidence. L’infirmier-chef, « malgré son serment d’Hippocrate, a écrit sur le certificat de décès : décédé le 18 janvier à 6 h 50 de sa maladie (5) ». Les témoignages sont pourtant accablants. L’un des codétenus de David Ouédraogo a déclaré : « Une deuxième fois, nous avons encore été amenés nuitamment hors de la ville, par des militaires, les yeux bandés, et on nous a fait creuser une tombe. On m’a passé la corde au cou et on a tiré dessus... Au conseil, les tortures étaient quotidiennes. Nous étions frappés et on nous faisait subir toutes sortes de "manoeuvres" militaires. Une autre fois, nous avons été amenés hors de la ville. Après nous avoir regroupés, Hamidou, Bruno et moi, nous avons été entourés de paille sèche à laquelle on a mis le feu et il nous était interdit d’en sortir. David, lui, avait été amené à l’écart, et après lui avoir attaché les pieds et les mains, les militaires lui passaient les flammes sur le corps (6). »

Le rapport, remis à la date prévue le 7 mai 1999, conclut sans équivoque à un assassinat prémédité. Il cite nommément six militaires de la Sécurité présidentielle comme de « sérieux suspects ». Sa publication entraîne une nouvelle flambée de violences et de nouvelles arrestations s’ensuivent. Le 21 mai, le président Compaoré - dans un discours à la nation - annonce un train de mesures dont certaines font retomber la tension : transmission du dossier Norbert Zongo à un juge d’instruction, libération des détenus, réouverture des établissements scolaires, « réorganisation et recasernement » du régiment de la sécurité présidentielle (la garde prétorienne du régime), prise en charge sociale de la famille de Norbert Zongo et de ses compagnons assassinés, ainsi que celle de David Ouédraogo.

Le ton modéré du discours tranche avec les déclarations guerrières des dirigeants du CDP, qui accusent le rapport de « partialité » et n’hésitent pas à recourir au coup de main, comme celui lancé, le 10 mai, contre la maison de M. Halidou Ouédraogo, président du collectif. L’opposition dénonce même des « distributions d’armes ».

Selon une stratégie bien huilée, M. Compaoré apparaît ainsi comme un arbitre, plus raisonnable que d’autres dirigeants du CDP. Il annonce aussi la création d’un collège des sages, comprenant les chefs coutumiers, les anciens chefs d’Etat et les autorités religieuses pour « passer en revue dans les meilleurs délais tous les problèmes pendants de l’heure, et proposer des recommandations à même d’emporter l’adhésion de tous les protagonistes de la scène politique (7) ». Le collectif lui oppose l’exigence d’une nécessaire réforme de la justice et demande à participer à la résolution des crimes restés impunis.

Certaines des mesures préconisées par ce collège des sages peuvent être considérées comme de premiers acquis. Ainsi de l’arrestation, fin juin, de trois des suspects, et de la libération des personnes emprisonnées et torturées en même temps que David Ouedraogo. Mais les premiers mouvements annoncés dans la magistrature n’ont pas semblé répondre à l’exigence d’une véritable indépendance de la justice, la plupart des nouveaux promus passant pour proches du pouvoir (8).

Le président Compaoré avait patiemment réussi à se construire une image de démocrate et même de diplomate régional : accueil du sommet France-Afrique en décembre 1996, réussite de la Coupe d’Afrique des nations de football, organisée par son pays, en février 1998. La désignation du chef de l’Etat burkinabé comme président de l’Organisation de l’unité africaine (OUA), jusqu’à la mi-juillet 1999, aurait pu marquer la consécration du leader régional qu’il ambitionnait de devenir. Mais son rôle trouble dans certains conflits - que se sont employés à cacher les conseillers en communication, grassement rétribués, qui l’entourent, relayés par des dizaines de pages régulièrement achetées dans les journaux à destination de l’Afrique (9) - vient récemment de resurgir : le Burkina avait en effet apporté son soutien au chef de guerre Charles Taylor, alors à la tête du Front national de libération du Liberia (NPLF), en envoyant des soldats lui prêter main forte (10). Peu avant l’accord de paix sur la Sierra Leone signé début juillet, il était soupçonné d’être le pays par lequel transitent les armes à destination des rebelles du Front révolutionnaire uni (RUF), en Sierra Leone, qui alimentent un des conflits les plus effroyables de ces dernières années (11). M. Compaoré a été également accusé par les responsables angolais de « relations coupables » avec l’Unita (12).

L’annulation - faute de quorum - de la conférence de l’OUA, prévue pour fin mars à Ouagadougou pour tenter de ramener la paix au Congo, a marqué un coup d’arrêt à l’ascension du président Compaoré sur la scène internationale. La conférence sur la mondialisation, projetée de longue date par l’entourage de l’ancien premier ministre français Michel Rocard, a dû être annulée, de même qu’une réunion sur la coopération non gouvernementale franco- burkinabée. La « compréhension » officielle du Burkina pour le régime militaire du Niger, malgré l’assassinat du général Baré Maïnassara, a achevé d’isoler M. Compaoré (13).

Sur le plan intérieur, après douze années d’efforts, de négociations avec l’opposition, de manoeuvres politiques pour la diviser ou débaucher quelques-uns de ses chefs, M. Compaoré - après sa victoire à l’élection présidentielle de novembre 1998 - semblait avoir enfin atteint son but : obtenir l’onction des Burkinabés par les urnes. Quelques mois plus tard, fait sans précédent, il était sifflé par une partie du public, lors de la cérémonie d’ouverture du Festival panafricain du cinéma, en mars dernier, tandis que le mouvement de contestation semblait avoir gagné l’ensemble du pays et que - pour la première fois depuis 1966 - l’unité syndicale s’est réalisée pour appeler à une grève générale à la fin du mois de juin. Des militaires ont d’ailleurs profité de ce climat de contestation pour réclamer le paiement d’arriérés de salaires.

Après l’assassinat de Thomas Sankara (14), en octobre 1987, de larges débats avaient été organisés dans le pays, où avaient pu s’exprimer l’ensemble des courants politiques burkinabés, à l’exception notable des sankaristes, qui avaient été emprisonnés, torturés ou s’étaient réfugiés à l’étranger. Mais les deux autres leaders de la « révolution », les capitaines Henri Zongo et Jean-Baptiste Lingani, avaient été accusés d’avoir fomenté un complot et fusillés, tandis que des civils de premier plan comme Clément Oumarou Ouédraogo et Watamou Lamien - seuls à même de s’opposer au virage à droite préparé par le pouvoir - avaient disparu, le premier victime grenade, le second d’un accident de voiture.

La répression comme méthode d’intimidation n’a jamais été abandonnée, comme l’attestent les arrestations régulières de chefs de l’opposition, ou les éliminations, comme celle de Hyacinthe Kafando, chef du commando des assassins de Thomas Sankara, disparu après un séjour en France.

La fusion d’une dizaine de formations politiques avec le parti au pouvoir a perverti le dispositif patiemment mis en place, qui s’apparente à un système de parti unique. L’Assemblée nationale n’est plus qu’une chambre d’enregistrement, compte tenu du faible poids de l’opposition. Les anciens pseudo-« révolutionnaires », qui accusaient Sankara de « réformisme », troquent sans complexe leur phraséologie marxiste pour le libéralisme. Il est désormais autorisé de s’enrichir, et même d’afficher son train de vie. Les bonnes places sont réservées aux hommes du CDP, et l’appareil d’Etat est largement utilisé lors des scrutins électoraux.

Le mouvement de contestation actuel se raccroche ainsi aux combats de ces dernières années, héritiers des traditions de lutte du peuple burkinabé (15). La CGT-B ne cesse d’ailleurs de dénoncer la corruption et l’impunité, tout en défendant les intérêts des salariés, organisant ou soutenant de puissants mouvements sociaux, comme ceux des étudiants, des enseignants ou des personnels de santé. Bref, les chances existent d’une nouvelle avancée vers la démocratie, grâce à la formidable mobilisation, dirigée par le collectif, pour plus de transparence et de justice.

Pour que ce pas décisif puisse être franchi, il faudra cependant oser s’attaquer à ceux qui profitent du système, à une partie de la classe politique au pouvoir, aux affairistes burkinabés ou étrangers qui profitent de leurs relations politiques... Laisser la justice mener ses investigations en toute indépendance et supprimer les instruments d’intimidation efficaces (comme le régiment de la sécurité présidentielle ou certains éléments de la gendarmerie), ce serait s’exposer à ce que la parole se libère. Le risque est grand que le régime dans son ensemble soit mis à nu, et que soient dévoilés les rouages des circuits les plus rémunérateurs, comme les trafics d’armes, d’or et de diamants qui passent par le Burkina. M. Compaoré peut-il se permettre d’aller jusque-là ?

Bruno Jaffré Auteur de Biographie de Thomas Sankara. La patrie ou la mort (1997), nouvelle édition augmentée à paraître chez L’Harmattan, Paris, et coanimateur du site www.thomassankara.net.

(1) Il désigne nommément le groupe du 14 février, constitué à la suite des élections législatives par des partis d’opposition accusant le pouvoir de tricherie. Le groupe du 14 février est membre du Collectif des organisations démocratiques de masse et des partis politiques.

(2) M. Robert Ménard, représentant de l’association Reporters sans frontières, est la seule personnalité étrangère.

(3) Editorial de L’Indépendant, 11 février 1997.

(4) Deux décès, parmi près de soixante-quinze, sur lesquels le collectif a réclamé des éclaircissements. Le MBDHP parle, lui, de deux cent trente disparus.

(5) Rapport de la CEI.

(6) Rapport de la CEI.

(7) Discours de M. Blaise Compaoré, 21 mai 1999.

(8) Comme le laissait entendre M. Alidou Ouédraogo, président du collectif, lors d’une réunion publique à Paris le 3 juillet 1999.

(9) Ainsi M. Ki Zerbo, historien de renommée internationale et dirigeant de l’opposition, écrit dans L’Indépendant du 9 mars 1999 : « L’image de marque du régime burkinabé qui se porte bien à l’extérieur est le résultat d’un marketing forcené, coûteux et performant, mis au point par des communicateurs professionnels, qui sont des techniciens, voire des mercenaires, et qui ne rendent pas de comptes au peuple burkinabé. »

(10) Selon George Klay Kieh Jr, « Combatants, Patrons, Peace Makers, and the Liberian Civil Conflict », in Studies in Conflict and Terrorism (Rand Corporation, Washington DC 20005-4704, vol. 15, 1992), « des personnalités du gouvernement burkinabé ont bâti des fortunes à partir des commissions que leur ont payées Taylor, sur les exportations illégales de ressources naturelles du Liberia ». Cité par François-Xavier Vershave, La Françafrique. Le plus grand scandale de la République, Stock, Paris, 1998.

(11) Dans une note du Nigeria au secrétariat général de l’OUA, datée du 2 avril 1999 et citée par L’Indépendant du 27 avril, on peut lire : « Le gouvernement de la République du Nigeria n’ignore pas la détermination du Burkina Faso et du Liberia d’intensifier le conflit en Sierra Leone et de l’étendre si possible dans les pays voisins aux fins de déstabiliser la sous-région tout entière. Ce complot, qui a été orchestré au cours de la récente visite officielle à Paris d’un des principaux responsables, est maintenant connu de tous. »

(12) Cf. Jeune Afrique Economie, Paris, 31 mai 1999.

(13) L’Indépendant affirme, dans ses numéros du 20 et du 27 avril 1999, que le chef d’état-major nigérien était à Ouagadougou le jour du coup d’Etat et que trois officiers burkinabés étaient partis en hélicoptère à Niamey afin de récupérer M. Baré Maïnassara, sommé de démissionner par les forces armées, pour le transporter à Ouagadougou où il devait bénéficier de l’asile politique.

(14) Jeune Afrique (2 juin 1998) fait état des liens anciens entre Blaise Compaoré et la « Françafric » : « A cette époque numéro deux d’une révolution à laquelle il ne croit plus, de plus en plus proche d’Houphouët grâce auquel il fit connaissance de sa future femme (Mme Terrasson de Fougère est issue d’une famille française implantée de longue date en Côte d’Ivoire et très liée au "Vieux"), le beau Blaise rencontra son homologue français alors premier ministre, via le président ivoirien et Jacques Foccart qui lui présenta l’état- major de la droite française, en particulier Charles Pasqua. »

(15) Déjà, en 1966, un vaste mouvement populaire dirigé par les syndicats avait entraîné la destitution du premier président, réélu depuis quelques mois seulement avec 99 % des voix.


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