Journée sans C02 : Le futile, le folklorique et le ridicule à la fête
lundi 28 juillet 2008
Nous n’évoquerons pas la vie chère et tous les autres problèmes, nous resterons dans le domaine de l’Environnement pour donner des pistes de travail au nouveau ministre de l’environnement et du Cadre de vie, qui apparemment cherche à exister, et veut faire quelque chose de cette nouvelle charge qui lui est tombée dessus sans une politique claire. M le ministre le Burkina Faso n’est pas un pays pollueur, mais oui, on peut faire quelque chose pour que notre pays ne soit pas un pays poubelle et freiner le désir irrépréhensible des Burkinabe pour les voitures poubelles. Les fameuses voitures « Au revoir l’Europe » vieilles de plus de dix ans, dédiées à la casse dans leurs pays d’origine sur lesquelles nos concitoyens se jettent avec amour et gourmandise. Interdire celles qui polluent trop, est un acte éco-citoyen en ce sens que nous préservons des devises chez nous et nous protégeons l’environnement et la santé de la population. De plus, on lutte contre la pauvreté, en incitant les ménages des classes urbaines aisées à mieux investir leurs économies, soit dans une seule voiture propre soit dans un autre moyen de locomotion moins polluant, soit dans une activité productrice. Mais cela c’est très compliqué, n’est-ce pas M. le ministre, c’est lutter contre les petits bourgeois de la ville qui votent et qui organisent la contestation du gouvernement. C’est tellement mieux de faire du vélo un jour sur quelques centaines de mètres et on n’en parle plus. Le rôle de l’Etat est de discipliner la population par la fiscalité, et de frayer les voies pour des consommations responsables et qui servent l’intérêt général. Le plus important en matière d’émissions de CO2, c’est la possibilité que nous avons, l’avantage comparatif diraient les économistes de pouvoir faire des projets de reboisement par des entreprises du Nord pour qu’elles puissent avoir des droits d’émissions. On attend du ministère qu’il initie des projets dans ce sens et créer des emplois pour nos pépiniéristes et pour les jeunes. Le ministère de l’Environnement ne fait rien pour que le pays profite des mécanismes de compensation du protocole de Kyoto que nous avons signé. Il y a de l’or en barre, des gisements de projets pour les populations, voilà un chantier pour vous investir et dépenser vos énergies M. le ministre, il vous en restera pour faire du vélo et préserver votre santé.
Le problème Tan Aliz
Après ces questions vous vous attaquerez à l’épineux problème de la tannerie Tan Aliz qui est l’une des sociétés les plus polluantes de Ouagadougou et dont les populations vivant au nord de la capitale se plaignent le plus. Faites tout pour qu’elle utilise soit des procédés naturels soit qu’elle ne rejette pas dans la nature les déchets au chrome provenant de son usine. Mme Ouédraogo se devrait d’être exemplaire parce qu’elle est la belle mère nationale et qu’à ce titre on ne devrait pas avoir à se plaindre de ses activités. Si ce n’est pas le cas c’est au ministère de le lui rappeler Autre polluant dangereux c’est le mercure utilisé dans les mines d’or et les sites d’orpaillage. Voilà un autre vaste champ d’activité. Vous devez contrôler l’utilisation de ce métal liquide de couleur blanche. Nous avons plusieurs mines d’or en activité et différents sites d’orpaillage où des enfants mineurs travaillent. Le mercure est très dangereux pour la santé et l’environnement. C’est un produit indestructible qui ruine la santé des populations et se déversent dans nos fleuves et rivières. Les fleuves du Mouhoun et du Gourouol sont les plus menacés à cause de la présence de mines et de sites d’orpaillage en aval. Gouverner c’est s’occuper des problèmes qui existent et qui sont urgents, ce n’est pas faire de la communication en permanence, organiser des coups de publicité, et laisser les problèmes en l’état jusqu’à la prochaine sortie médiatique. La pollution des eaux de surface est l’une des calamités de notre pays alors qu’une bonne partie de la population et même celle des villes tire son eau de boisson de ces eaux. Quand on voit la prolifération de la jacinthe d’eau douce dans les barrages n°2 et 3 de Ouagadougou on se rend compte de la présence de métaux dans ces eaux, et donc du degré élevé de leur pollution. Il y a là quelque chose d’inadmissible, et le ministère ne devrait pas regarder cela et se dire qu’il n’est pas concerné.
Sana Guy
Source : l’indépendant Numéro 775 du mardi 8 juillet 2008http://www.independant.bf/article.php3 ?id_article=1255 ?&sq=arti