Graves incidents à l’université

mardi 1er juillet 2008

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Graves incidents à l’université

De graves incidents ont opposé les forces de l’ordre avec les étudiants à la suite d’une manifestation organisée par l’ANEB, le principal syndicat étudiant, pour défendre la plateforme de revendications. On déplore de nombreux blessés et des arrestations. Nous vous livrons ci-dessous les réactions des uns et des autres, la version des autorités, celles du syndicat étudiant et un communiqué des organisations syndicales du Burkina. Les procès des personnes arrêtées ont commencé le 25 juin.


Burkina Faso : Situation à l’université de Ouagadougou - Les premiers responsables expliquent

Sidwaya (Ouagadougou) 19 Juin 2008

Source : http://www.sidwaya.bf/sidwaya_19-06-08/soc-cult_3.htm Boureima SANGA

Mercredi 18 juin 2008, le lendemain de échauffourées entre les étudiants et les forces de l’ordre, le président de l’Université de Ouagadougou, Jean Koulidiaty, le vice-président, Gustave Kabré, le président de l’Université de Ouaga II, Karifa Bayo et le directeur de l’Office du Bac ont animé une conférence de presse sur la situation académique et pédagogique à l’Université de Ouagadougou et l’organisation du Baccalauréat, session 2008.

Actualité oblige, la conférence de presse du président de l’Université de Ouagadougou (UO), prévue sur la situation académique et pédagogique de ladite Université et l’organisation du Baccalauréat 2008, a été élargie au climat délétère qu’a connu l’Université de Ouagadougou, le mardi 17 juin 2008. D’entrée de jeu, le président de l’Université de Ouagadougou Jean Koulidiaty, a fait le point des revendications des étudiants des deux Unités de formation et de recherche (UFR) : Sciences exactes et appliquées (SEA) et Sciences de la vie et de la terre

Le président de l’Université de Ouaga II a tout simplement signifié que les travaux de Ouaga II sont en cours.

(SVT). En effet, elles se classent en volet infrastructurel, social et académique. Au plan infrastructurel, des étudiants demandent la construction de plus d’amphis, l’agrandissement ou la construction de laboratoires d’enseignement et la construction de bibliothèques. Et le président en réponse à cette revendication, a indiqué que l’Université a pris comme priorité la construction d’un complexe amphithéâtre d’un total de 2 500 places, composé d’un amphi de 500 places, de 800 et de 1 200 places. "Toutes les études ont été réalisées. Le financement d’environ 950 millions est pratiquement acquis. J’ai même présenté les plans architecturaux aux représentants des étudiants", affirme le président de l’Université de Ouagadougou à la presse. Aussi, a-t-il ajouté, que la 2e priorité dans le domaine des infrastructures est la construction d’un bâtiment R+2 pouvant héberger des laboratoires d’enseignement des UFR SVT, SEA et SDS.

La deuxième revendication des étudiants porte sur l’octroi de bourses à tous les étudiants inscrits en 3e cycle et la prise en charge de la moitié du coût des Doctorats. Les bourses, les aides et prêts relèvent, selon M. Koulidiaty, du CIOSPB et du FONER.

Du reste, et sur instruction du gouvernement poursuit-il, une étude a été menée afin de voir comment venir en appui à la prise en charge des frais de laboratoire sans compter les étudiants de l’UFR Sciences de la santé (UFR/SDS), il y a à l’Université de Ouagadougou, 750 doctorants (boursiers, non boursiers et salariés). Pour le premier responsable de l’UO, il pourrait être possible, à défaut de bourses que le FONER puisse inclure les prêts pour le financement des études doctorales. En attendant précise-t-il, les étudiants titulaires d’un DEA, DSS qui veulent être vacataires ou moniteurs à l’UO ont été autorisés. De même, des étudiants en thèse ont été nommés comme enseignants à temps plein et après leurs soutenances de thèse, ils seront nommés assistants.

La dernière revendication concerne le volet académique et pédagogique. Les étudiants, selon le président de l’Université de Ouagadougou (UO), exigent la mise en place d’une instance dans laquelle, à côté de leur professeurs et enseignants, ils pourraient modifier l’arrêté du conseil scientifique et des transferts (dérogation : redoubler la même classe plus de deux fois ; transfert : changement de filière d’étude). L’arrêté du conseil scientifique fixe la moyenne de 8/20 pour la dérogation, avec une exception en SEA (7/20) et SDS (9,5/20). "Nous avons un des premiers responsables des étudiants qui est en licence depuis 2001, 7 ans dans la même classe. Il y a des étudiants qui ont passé 5 ans en 2ème année, dans la même classe", situe le président Koulidiati. Avant d’ajouter que 3 000 dérogations ont été accordées cette année aux étudiants. Pour lui, il a invité les délégués des étudiants à lui fournir la liste des étudiants qu’ils estiment pouvoir bénéficier de la dérogation afin qu’il les rétablisse dans leur faveur. "La dérogation est une faveur et non un droit". Et il n’a pas eu de liste tout simplement parce qu’à son avis les prétendus étudiants ne remplissent pas les directives du conseil scientifique. Pourquoi la marche des étudiants a été interdite ? Vous refusez le dialogue ? dit-on. A ces questions, le président de l’Université dit n’être pas fermé au dialogue. Et que toutes les rencontres avec les étudiants étaient à son initiative. La marche pour lui était interdite parce que sans objet dans la mesure où le dialogue n’était pas interrompu entre lui et les délégués des étudiants. En plus des gendarmes et la police, y avait-il des militaires ? Non ! rétorque le premier responsable de l’UO. Le bilan des échauffourées entre forces de l’ordre et étudiants donné par les conférenciers, fait état de 14 gendarmes molestés et blessés dont une fracture à la mâchoire. Ce dernier se trouve en traitement dans une salle d’opération. Du côté des étudiants, 62 manifestants ont été interpellés par les forces de l’ordre. Parmi ceux-ci, un élève et 11 du secteur informel. Pour les soins, le président de l’UO affirme avoir signé une prise en charge pour tous les blessés sans exception dont une dizaine d’étudiants à l’hôpital Yalgado Ouédraogo. Etes-vous responsables de cette dégradation ?

Ouvert au dialogue et pour avoir initié toutes les rencontres, le président Jean Koulidiati estime qu’il n’est nullement responsable et que les étudiants ont été mis en garde.

L’université continue de fonctionner

Le conseil scientifique et celui de la formation et de la vie universitaire ont réaménagé le calendrier universitaire afin de mieux assurer les enseignements. Théoriquement, la fin des cours, des évaluations, étaient prévues pour le 28 juin 2008. Après avoir fait le point, les deux conseils ont ramené la fin des cours, et des évaluation au 14 juillet 2008. Dans certaines UFR, les cours pourront aller jusqu’au 14 juillet et la session de juin s’effectuera à partir de 16 septembre 2008.

36 017 candidats au Bac 2008

En outre, les échanges ont porté également sur le point de l’organisation du Baccalauréat 2008. Premier diplôme universitaire, le Bac 2008 se déroulera du 20 juin au 8 juillet dans l’espace UEMOA. Cela, pour éviter qu’un seul candidat dans la même année passe cet examen dans plusieurs pays de l’UEMOA. En effet, la session 2008 du Baccalauréat a enregistré un total de 36 017 candidats contre 36 742 en 2007 d’où une régression de 2,01%.

Les candidats sont composés de 13034 filles représentant 36,19% de l’effectif contre 22 983 garçons soit 63,81%. Il sont répartis dans 149 jury logés dans 65 centres. Pour raccourcir les distances, Kombissiri, Kongoussi et Yako, ont été érigés en centre. Ouagadougou reste le plus gros centre avec 17 640 candidats et Dori est le plus petit centre avec 317 candidats.

La série "D" a le plus grand effectif soit 14 454 candidats contre la série "A3" avec 4 candidats. Le budget général pour la réalisation du Bac 2008 s’élève à un milliard soixante quatre millions cent dix mille cinq cent quatre vingt quinze mille francs (1 064 110 595 F CFA.


Burkina Faso : L’ANEB aux autorités - « Elargissez donc la MACO » L’Observateur Paalga (Ouagadougou) 23 Juin 2008

Source : http://www.lobservateur.bf/spip.php ?page=article_archive&id_article=8480

Issa K. Barry

Le mardi 17 juin 2008, il y a eu des échauffourrées entre les forces de l’ordre et des étudiants qui marchaient sur la présidence de l’Université de Ouagadougou pour la satisfaction de leur plate-forme revendicative. Sur le cas y relatif, un point de presse a été aussitôt organisé le lendemain par la présidence de l’Université.

Réponse du berger à la bergère, hier c’était au tour du comité exécutif de l’ANEB-Ouaga de convoquer la presse pour réagir aux propos des uns et des autres et, du même coup, faire cas de leurs actions futures. A écouter les animateurs de la rencontre, le temps est toujours à l’orage et, comme pour faire montre de leur degré de motivation, ils ont ironisé en conseillant aux autorités d’élargir les prisons parce qu’ils sont prêts à y aller tous, tant que leur plate-forme revendicative ne sera pas satisfaite.

Le siège du CODE ressemble à celui des structures syndicales qui se respectent au Burkina : promiscuité, absence de ventilation, murs intérieurs et plafond à la peinture défraîchie. Collées aux murs, des affiches qui en disent long sur l’idéologie qui y est prônée : Déclaration universelle des droits de l’Homme et d’autres messages parmi lesquels celui-ci : « Les uns mangent, les autres regardent. Ainsi naissent les révolutions ». Le seul luxe du local semble être un téléviseur que l’on ne voit d’ailleurs pas et concernant laquelle une affiche existe spécialement.

Elle dit ceci : « Après avoir fini de suivre la télé, recouvrez-là immédiatement ; c’est le seul moyen qui pourra protéger cette télé ». (Ndlr : ne faites pas attention à la répétition). A la décharge des locataires du CODE, disons que le Q.G. est aussi à l’image de l’actuel étudiant burkinabè, qui doit s’arracher les cheveux pour avoir le nombre de tickets mensuels de restaurant universitaire nécessaires afin d’assurer ses deux rations alimentaires quotidiennes. Et pour ne rien arranger, par ces temps qui courent, la vie n’est pas du tout très rose avec les derniers développements de l’actualité dans le plus grand temple du savoir au Burkina Faso.

Le climat y est bien électrique. Pour s’en convaincre, il suffisait d’observer, sur les lieux de la conférence de presse, la fouille au corps faite sur les étudiants qui voulaient suivre les échanges à l’intérieur. Sans compter la longue file compacte pour diriger le visiteur dans la salle. Une haie d’honneur ? Que nenni, répondra un de l’organisation. Mesures de sécurité oblige, pour éviter les débordements et autres infiltrations.

Tout au long des échanges avec les journalistes, Moumouni Derra, reponsable du comité exécutif de l’ANEB-Ouaga, et les siens mettront en exergue la « mauvaise foi » du président de l’Université de Ouagadougou, qui, selon lui, n’a jamais traduit fidèlement leurs doléances aux autorités, encore moins à la presse. Le premier responsable de la structure syndicale estudiantine démontera point par point les différents arguments développés par le Pr Jean Koulidiaty, qui « n’a jamais prôné le dialogue contrairement à ce qu’il laisse croire ».

Douilles de balles à l’appui, les étudiants ont persisté et signé à propos de l’intervention du Régiment de sécurité présidentielle (RSP). Un action qui, du reste, ont-ils précisé, a été confirmée par les propos du ministre de la Sécurité, Assane Sawadogo, qui aurait avancé que l’intervention du RSP s’expliquait par la menace des manifestants de piller le domicile d’un habitant des environs, François Compaoré, petit frère du chef de l’Etat. Réponse cinglante de Moumouni Derra : « Un, M. François Compaoré n’est pas obligé d’habiter à côté de l’UO ; deux, en aucun moment, un étudiant n’a tenté d’aller piller à son domicile ; trois, François Compaoré n’a pas quelque chose que nous envions ». Ambiance dans la cour.

Un journaliste a fait remarquer que les manifestants, tout en mettant l’accent sur le côté pacifique de la marche, étaient tout de même armés de pierres, de bâtons ou de cocktail Molotov. Foi du principal animateur du point de presse : ils n’ont usé de ces moyens qu’après la colère provoquée par l’intervention injustifiée du RSP. « Au moment où la gendarmerie arrivait, aucun étudiant n’avait cassé quelque chose. La preuve, pendant toute la manifestation, aucun feu tricolore n’a été cassé. Les dégâts à la Présidence de L’UO sont survenus après. Vous imaginez bien que lorsque l’on tire à balle réelle, on ne peut présager de rien. Après avoir été si sévèrement réprimés, quoi de plus normal que les étudiants réagissent.

La responsabilité en incombe à la Présidence de l’université et aux forces de l’ordre ». Ceci explique-t-il cela ? Ces derniers temps, comme une traînée de poudre, la rumeur d’une intervention imminente des gendarmes dans les foyers universitaires pour, semble-t-il, venger un de leurs collègues, qui aurait succombé à ses blessures, a fait le tour des cités. Vrai ou faux ? Les animateurs de la conférence de presse n’ont pu ni confirmer ni infirmer la rumeur. Seulement, ont-ils fait remarquer, si tel était le cas, la presse s’en serait fait l’écho.

En attendant, la corporation ANEB, qui tient mordicus à la satisfaction de ses revendications, a formulé de nouvelles exigences : le départ des forces de l’ordre de l’université, la libération sans condition des étudiants emprisonnés et le contentement des doléances des deux UFR (SEA et SVT). Par ailleurs, ses membres s’étonnent que le Pr Jean Koulidiaty aime à avancer qu’il a toujours prôné le dialogue, alors que les faits disent le contraire. Et elle a pris l’exemple de ce qui s’est passé lors de la rencontre avec ce dernier le 20 juin 2008 : « Ce jour-là, c’était lui seul et le président de l’université Ouaga 2 qui avaient droit à la parole. Lorsque nous avons voulu placer notre mot, il a refusé net de nous laisser nous exprimer. Il nous a sèchement dit de disposer et de rendre compte à notre base...Nous ne demandons pas la mer à boire ».

Le principal orateur du jour a également invité tous les étudiants au palais de Justice (Ndlr : aujourd’hui) pour soutenir leurs camarades arrêtés pendant les événements du 17 juin 2008. La prochaine étape de l’ANEB, c’est une marche sur la présidence de l’université, prévue pour le 26 juin 2008. Au passage, ils ont adressé une pique au ministre de la Sécurité, en lui précisant qu’il y a présidence et... présidence. « Nous profitons de l’occasion pour lui faire remarquer que s’il ne sait pas qu’il y a une autre présidence au sein de l’université, c’est grave. Ce n’est pas la première fois que les étudiants marchent sur cette enceinte, et il n’y a jamais eu d’altercation. Pour le 26 juin, nous allons déposer une lettre d’information parce nous ne nous faisons pas d’illusion. Ils nous ont toujours refusé l’autorisation de manifester ».


Déclaration des Centrales syndicales et des syndicats autonomes du Burkina Faso, à propos de la situation à l’université.

Le mardi 17 juin 2008, les étudiants des UFR/Sciences Exactes et Appliquées (SEA) et Sciences de la Vie et de la Terre (SVT), alors qu’ils organisaient, dans le cadre de leurs corporations, une marche en direction de la présidence de l’université, ont été violemment réprimés par les forces de sécurité, utilisant gaz lacrymogène et matraques, et tirant à balles blanches et à balles réelles. Le triste bilan de l’intervention des forces de sécurité se présente succinctement comme suit :

• du côté des étudiants, une trentaine de blessés, dont quatre (4) graves ; une soixantaine d’interpellés, dont une trentaine toujours détenue à la Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou (MACO) ; avec un procès programmé pour le mardi 24 juin ;

• du côté des forces de l’ordre, quatorze blessés.

Des témoignages dignes de foi indiquent que des militaires du Régiment de sécurité présidentielle sont intervenus aux côtés des gendarmes et des policiers, et que des balles réelles ont été utilisées contre les manifestants. A l’origine de cette répression, l’interdiction par le président de l’université, le professeur Jean Koulidiati, et ce, pour la troisième fois consécutive et sans justification, de la manifestation programmée par les étudiants en vue d’appuyer leurs revendications. Celui-là même qui a fait appel à la gendarmerie contre les étudiants reconnaît par ailleurs la pertinence des problèmes soulevés, problèmes auxquels il n’a pu apporter des réponses satisfaisantes.

Nos organisations syndicales, attachées au respect des libertés démocratiques et syndicales, dénoncent les atteintes à la liberté de manifestation des étudiants, qui ont le droit d’exprimer leur mécontentement par une manifestation publique et pacifique, qui plus est, se limitait à l’enceinte de l’université. Nous invitons le président de l’université de Ouagadougou et les autorités du ministère des Enseignements secondaire supérieur et de la Recherche scientifique :

• à bannir le recours à la répression ;

• à privilégier la discussion avec les étudiants en vue de la résolution des nombreux problèmes que vit notre jeunesse estudiantine, lesquels sont ressentis par tous ;

• à veiller au respect des franchises universitaires et à respecter le droit des étudiants à manifester ;

• à renouer le dialogue avec les étudiants autour de leurs préoccupations.

De même, nos organisations syndicales élèvent une vive protestation contre :

• l’utilisation de militaires dans le maintien de l’ordre public ;

• l’utilisation de balles réelles dans le maintien de l’ordre public. En effet, rappelons à cet égard les tristes événements de mai 1995 au cours desquels deux élèves, Emile Zigani et Blaise Sidiani, touchés par des balles ont perdu la vie à Garango et ceux de décembre 2000 où la répression d’une manifestation d’élèves a causé la mort d’un élève du CM2 à Boussé, Nébié Flavien. L es conditions d’études particulièrement difficiles que vivent les étudiants aujourd’hui et le retard important qu’accusent les différentes UFR dans l’exécution des programmes commandent que soient reconsidérée l’approche des revendications des étudiants et les rapports avec leurs organisations. Enfin, nos organisations syndicales exigent la relaxe et la libération pure et simple de tous les étudiants et de toutes les personnes arrêtés et détenus.

Non à la violation répétée des franchises universitaires ! Non à la répression des étudiants en lutte ! Examen sérieux des revendications posées.

Fait à Ouagadougou, le 24 juin 2008

Ont signé Les secrétaires généraux : CGT-B Tolé Sagnon CNTB Laurent Ouédraogo CSB Jean Mathias Liliou FO/UNSL Joseph Tiendrédéogo ONSL Paul Kaboré USTB El hadj Mamadou Nama

Pour les Syndicats autonomes : Le Président du mois Victor S. Hien (SYNTAS)


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