Blaise Compaoré chahuté à Washington après avoir été adoubé par Georges Bush, la Banque Mondiale et le FMI
mercredi 23 juillet 2008
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Blaise Compaoré a effectué une visite officielle aux Etats-Unis du 13 au 17 juillet 2008. Il a notamment été reçu par les dirigeants de la Banque mondial et de Fond monétaire international qui ont déclaré "Très bonnes" leur relations avec le Burkina même, « le Burkina Faso s’étant "résolument" engagé sur la voie de la bonne gouvernance économique et combattant de ce fait "efficacement" la pauvreté. Ce qui justifie le soutien que la BM s’apprête à apporter aux pays des Hommes intègres et qui devrait être de l’ordre de 500 millions de dollars US » (source Sidwaya du 21 juillet 2008).
A l’occasion d’une visite officielle, hautement politique et économique avec, à la clé, la signature d’un accord dans le cadre du MCC (Millenium Challenge Corporation) pour la réduction de la pauvreté au Burkina, d’un montant de 204 382 500 000 FCFA, soit 490,9 millions de dollars. Il a par ailleurs été reçu en tête à tête pendant une heure par Georges Bush qui a déclaré que le Burkina était élligible au MCC en raison de la qualité de sa « bonne gouvernance ».
Pourtant après les difficultés rencontrées à Florence à propos du prix Galileo (voir http://www.citizensforearth.info/Bilan-de-la-mobilisation-a ) il s’est fait chahuté lors de la rencontre avec la communauté burkinabé. Vous trouverez aussi deux articles critiques sur cette visite extraits du journal San Finna
Blaise Compaoré interpellé en public par le comité Thomas Sankara aux USA
Le 15 juillet à 18h était organisé une rencontre de Blaise Compaoré avec la communauté burkinabé Au Willard hotel intercontinental situe sur 1401 Pennsylvania Avenue a Washington DC.
Dans une salle au sous sol dudit hotel s’était reunie une quarantaine de personnes a majorite Burkinabe.
Au cours de la vingtième minute de l’intervention de Blaise Compaore, Pauline Sankara, un groupe interpellait le président sur les crimes de sang dont il comptable. A noter que Paul Sankara, présent aussi sur les lieux, s’est vu refusé l’accès à la salle.
Tout en brandissant une affiche de Thomas Sankara avec Samora Machel qui dit : "You can kill a revolutionary, but you can’t kill the revolution" traduisez vous pouvez tuer un homme mais vous pouvez pas tuer les idees, elles crièrent : "Assassin, dictateur, voleur" qui d’ajouter : "justice pour Thomas Sankara, justice pour Zongo", "A bas ton pouvoir corrompu".
Le groupe a été prié de sortir de l’hôtel, par la sécurité américaine (de manière respectable) tandis que la sécurité burkinabé se montrait plus agressive verbalement comme physiquement.
On pouvait lire sur les affiches tenues par les autres manisfestants les slogans suivants : "We do not want to be the rich leaders of poor countries." c’est-à-dire : « nous ne voulons pas être des riches dirigeants des pays pauvres (avec image de T. Sankara), "Blaise Compaore break your silence, who killed Sankara ? who killed Zongo ? traduction : Blaise Compaore rompt ton silence, qui a tue Sankara ? Qui a tue Zongo ?
"Blaise Compaoré, Charles Taylor, Blood diamonds, and arms dealers, have to be on trial together, Justice for victims." Blaise Compaoré, Charles Taylor, trafiquants de diamant et d’armes doivent repondre au tribunal au même titre. “Soutien au mouvement estudiantin et exigeons la réouverture de l’Université.”
Pendant ce temps à l’extérieur de la salle un tract contenant les mots d’ordres suivant étaient distribués dans l’hôtel des tracts
COMPAORE, A “DISGUISED” DICTATOR : Compaoré un dictateur déguisé)
Yes for the improvement of people life : pour pour l’amélioration des conditions de vie de la population
No for $480.9 million to reinforce the corrupted, criminal, and assassin regime of Blaise Compaore : non au 480,9 millions pour renforcer le régime corrompu, criminal et assassin de Blaise Compaoré)
The victims of blood and economic crimes in Burkina Faso, Angola, Ivory Coast, Liberia, Sierra Leone, want Justice : les victimes des crimes économiques et des crimes de sang au Burkina Faos, en Angola, en Côte d’Ivoire , au Liberia et en Sierra Leone veulent la justice
International Court of Justice must call Blaise Compaore with Charles Taylor on trial : La cour pénal internationale doit appeler Blaise Compaoré aux côtés de Charles Taylor
Le tract rappelait l’adresse www.un.org/News/dh/latest/angolareport_eng.htm du rapport de l’ONU en anglais qui accable le Burkina et Blaise Compaoré sur les implications dans des trafics d’armes et de diamants aux côté de l’UNITA.
Il s’agissait pour le le comité Thomas Sankara aux USA (Thomas Sankara Committee in the US) organisateurs de rappeler par cette manifestaion symbolique « que toutes ces affaires criminelles commises tant a l’intérieur qu’a l’exterieur du Faso restent comme un boulet dont les porteurs traineront ad vitam eternam ».
(on trouvera un compte rendu de cette réunion dans le journal de l’Etat Sidwaya à l’adresse http://lefaso.net/spip.php ?article27987&rubrique10. On notera que l’incident n’est pas évoqué mais il l’est dans le forum qui suit l’article)
Blaise Compaoré à la Maison Blanche : Son rêve se réalise enfin Source : hebdomadaire San Finna http://www.sanfinna.com N°472 du 21 au 27 juillet 2008
Qui a dit que les mythes ne deviennent jamais réalité ? Certainement pas Blaise Compaoré qui, après plus de 20 ans d’exercice du pouvoir, voit un des rêves fous de l’époque : être reçu à la Maison Blanche, se réalise !
Fini le temps où Herman Cohen en appelait contre lui au déchaînement de toutes les forces naturelles et surnaturelles pour l’envoyer en enfer ! Finie l’époque de la marginalisation économique ! Aujourd’hui, tout comme Kadhafi, son parrain ou ex parrain, fut réintégré dans la communauté internationale, Blaise Compaoré voit à son tour son cercle d’isolement se briser par les Etats-Unis. Pour lui, on peut même dire que cela se fait avec encore plus de panache, puisque après l’admission du Burkina Faso dans le club fermé du Millenium Challenge, le premier Burkinabé a été reçu dans le bureau ovale où il a pu (cerise sur le gâteau) faire causette avec Georges W.Bush « himself » pendant près d’une heure !
Il y a ici ceux qui ont ressenti un choc en voyant ces images de Condoleeza Rice encensant l’action de Blaise Compaoré, ce « grand faiseur de paix », et plus encore George W. Bush, le recevant comme un copain avec lequel on a fait les 400 coups. C’est là une consécration qui, à leurs yeux, fait reculer très loin tout espoir de voir la vérité et la justice balayer certains dossiers si chers au cœur de bien de Burkinabé ! Mais il y a ceux qui considèrent de leur côté que Blaise Compaoré, après le Togo, la Côte d’Ivoire, après bien d’autres dossiers africains, après la virée en Israël et un processus qui ressemble à une déconnexion d’avec Kadhafi et surtout ce vote contre Mugabe aux Nations Unies, vient de boucler la boucle en se faisant adouber par le président le plus puissant du monde.
On dit que la nuque qui a des protections peut plastronner et agir sans peur : Blaise Compaoré pourra, pour ce qui le concerne, après avoir racheté sa conduite au plan international, poursuivre le même objectif au plan interne : s’appliquer à relever la marmite qui est penchée mais qui n’est pas tombée comme on dit, donc à corriger les nombreuses erreurs de gouvernance pour parachever le travail de relèvement de l’image. Ne dit-on pas que si l’erreur est humaine, ce qui est criminel, c’est d’y persister ?
Les semaines et les mois qui viennent nous situeront sur la réalité ou non de cette stratégie.
VT
Le Burkina obtient 491 millions de dollars du MCC : C’est bien mais attention...
Source : hebdomadaire San Finna http://www.sanfinna.com N°472 du 21 au 27 juillet 2008
De l’argent frais pour le pays : qui peut être contre ? Personne ! Mais si l’on s’en félicite, on peut faire les deux remarques suivantes.
La première, c’est qu’au niveau des conditions d’octroi, il semble que ce soit plus des calculs politiques qui ont amené le MCC à débloquer l’argent qu’autre chose. Pourquoi ? Parce que les conditions posées par le MCC ne semblent pas remplies par nos autorités. Les voici, reprises d’ailleurs par le Sidwaya du 18 juillet dernier : « Une gouvernance juste et démocratique favorisant le pluralisme politique et l’Etat de droit, le respect des droits humains et des droits civils, la protection de la propriété privée, la transparence et la lutte contre la corruption, voilà le credo du MCC » ! Pour ce qui concerne la gouvernance juste et démocratique qui doit favoriser le pluralisme politique et l’Etat de droit, on peut tout dire sauf qu’elle a avancé chez nous : elle n’a fait que reculer avec ce « Tuk Guili » insupportable suite à tant d’élections bidouillées, de coups d’Etat dans les partis reconnus même par ceux qui nous dirigent : ce n’est pas pour faire honneur à notre pays.
Pour ce qui est du respect des droits humains, si le Burkina Faso a quelque peu changé et que les prisonniers politiques sont quasiment en voie de disparition (exception faite du plus célèbre détenu Naon Babou !), on doit dire que concernant l’impunité des dossiers sensibles, les choses ont plutôt régressé. On avait cru qu’on allait voir le bout du tunnel et on s’est trompé : l’ affaire Thomas Sankara, depuis le passage de Ban Ki Moon, est reléguée aux oubliettes et ne parlons pas de celle de Norbert Zongo : on a carrément bloqué le dossier ! C’est pas joli, joli et notre maison Justice n’est pas comme on le sait, un modèle du genre !
Maintenant, concernant la propriété privée, on peut dire RAS (Rien à signaler) sauf à mettre le doigt sur ce processus pernicieux de récupération des terres rurales, par hectares entiers, par ceux bien placés au détriment des populations du crû, et pas toujours pour des investissements heureux.
Enfin, pour ce qui est de la corruption, qui est aussi une des conditions clef de l’octroi de financements aux pays les sollicitant, le Burkina Faso ne peut que rougir d’être rentré, et solidement hélas, dans la triste liste des pays les plus corrompus ! La transparence est loin d’être une réalité au Faso. Prenons seulement l’exemple des contrats miniers : on peut tout dire sauf que la transparence y règne ! Quant à la libéralisation de l’économie, c’est une libéralisation mais pas du tout saine qui a lieu au pays des hommes intègres : c’est bien connu, les sociétés qui ont été privatisées ont été surtout reprises par les prête-noms de nombre de bonzes du régime…
Alors, peut-être que le Burkina a été retenu parce que la situation chez nous est moins catastrophique qu’ailleurs, que donc au pays des aveugles, les borgnes sont rois. Mais peut-être aussi, comme beaucoup le pensent, que le pays a décroché le gros lot à cause des OGM dans lesquels il s’est lancé à corps perdu et également, à cause de ses positions diplomatiques qui plaisent. A cet égard, il n’a pas hésité à renier ses anciennes amours avec Charles Taylor (ainsi qu’en témoignait encore le Sidwaya du 18 juillet 2008 : « Dès lors que Taylor a commencé à se laisser enivrer par les effluves du trône, le pays des Hommes intègres s’est démarqué de lui, non sans l’avoir condamné »). Toujours sur le même plan, il y a eu ce refroidissement des relations du Burkina Faso avec la Libye de Kadhafi puisque, coup sur coup, Blaise Compaoré, après avoir boudé son projet de gouvernement continental, a (bien que déconseillé par le « Guide ») fait le déplacement en Israël pour le 60 ème anniversaire de cet Etat. Et puis, il y a eu aussi tout dernièrement ce vote du Burkina aux côtés des Américains à l’ONU pour des sanctions contre Mugabe.
Maintenant, l’argent va rentrer : on en connaît grosso modo la destination, mais seulement grosso modo, et c’est ce qui est dommage. Il faudrait maintenant assurer la traçabilité de cette aide pour ne pas qu’une fois de plus, elle serve en grande partie à d’autres qu’aux destinataires véritables.
C.Y
Mots-clés
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