Blaise Compaoré, Président-dictateur du Burkina Faso reçu en Limousin : la réaction de quelques creusois.

jeudi 30 avril 2009

Blaise Compaoré est invité en région Limousin à la Conférence de l’Assemblée des régions d’Europe (ARE) qui doit traiter du changement climatique, par le président du Conseil Régional PS, Jean-Paul Denanot.

Prévenus tardivement – le vendredi 27 pour le mardi 31 mars 2009 – de l’invitation faite également au président du Burkina Faso par le député-maire PS de Guéret, Michel Vergnier, nous ne sommes que quelques-uns uns à nous mobiliser à titre individuel dès le vendredi après-midi et ensuite avec le soutien d’organisations auxquelles nous appartenons ou que nous saisissons.

Ainsi, nous interpellons les médias locaux (France Bleu Creuse, Radio Pays de Guéret, Centre presse la Montagne et l’écho de la Creuse) et diffusons un texte de désapprobation qui sera repris dans le tract final au moyen des listes de diffusion par e-mails des organisations partie prenantes (ATTAC 23 et Parti de Gauche 23 seulement d’abord puis Cercle Citoyen Antilibéral et Altermondialiste et Ligue des Droits de L’Homme).

Les médias en question réagissent prudemment dans un premier temps, considérant, par manque de connaissance de la situation africaine au sens large et de l’histoire récente du Burkina Faso en particulier, que nous exagérons. Ils acceptent toutefois de nous enregistrer pour une diffusion ultérieure ou nous invitent à leur transmettre un courrier. Une fois nos allégations vérifiées, les deux radios et la Montagne couvrent l’évènement à partir de lundi en ouvrant le débat avec les élus concernés (Michel Vergnier déjà cité, Jean-Bernard Damiens, vice-président creusois du Conseil Régional et élu des Verts) : notre désapprobation est donc prise en compte et le débat sur la Françafrique lancé.

Le président lui-même sera sollicité – doucement – à s’exprimer – brièvement – sur les critiques et accusations formulées à son endroit, notamment lors d’une interview télévisée au journal du 19/20 du 31 mars par France 3 Limousin Poitou-Charentes.

La journaliste lui demande de plus s’il est concerné, comme elle en a pris connaissance, par l’affaire des biens mal acquis.

Compaoré nie mollement en servant un discours sur la consolidation de la démocratie et l’existence d’une presse comme d’une justice libres dans son pays.

Au moment de son arrivée à la mairie de Guéret, le mardi à partir de 16 h 30 -16 h 45, nous sommes une douzaine à brandir des pancartes à tour de rôle (voir photos), en silence et pendant toute la durée de la cérémonie qui a lieu à l’intérieur de la maison du peuple. L’esplanade « François Mitterrand », devant la mairie, a été vidée et rendue inaccessible à partir de 16 heures et les nombreux policiers en civil pour la plupart, français et burkinabé, nous tiennent à l’écart, de l’autre coté de la route.

Quelques uns des citoyens creusois vigilants

Nous n’avons donc pas pu rebaptiser l’endroit avec les deux panneaux « Esplanade Thomas Sankara » que nous avions préparés.

A l’arrivée du cortège présidentiel donc, nombreux sont les officiels burkinabés qui prennent le temps de lire nos messages ou de se les faire rapporter vue la distance. L’un d’eux, un policier en civil probablement, s’approche pour nous prendre en photo.

Après le départ de Blaise Compaoré, vers 17 h 30 – 45 ( ?), un conseiller municipal vient nous proposer de retrouver le maire à l’intérieur si nous le souhaitons. Nous y allons à quatre. L’échange est un peu vif mais amical : à Guéret, le député-maire est accessible et nous le connaissons tous les quatre.

Michel Vergnier essaie alors de nous convaincre qu’il « faut aller de l’avant, que des progrès sont sensibles au Burkina, que ce qui compte, c’est la coopération, les enfants qui ont accès à l’éducation et à l’eau potable grâce à notre action, etc. » Nous lui rétorquons qu’il participe à la communication d’un dictateur et que les assassinats politiques et les procès enterrés sont toujours d’actualité dans le pays, que Blaise Compaoré est un des partenaires privilégiés de cette françafrique qui maintient nombre de pays africains sous le contrôle politique et économique de la France et que nous sommes très déçus qu’un élu de gauche se compromet de la sorte.

Il prétend ne pas avoir notre niveau d’information sur le Burkina Faso, bien qu’il reconnaisse être vice-président du groupe d’amitié parlementaire avec ce pays.

Nous en restons là en lui recommandant d’être plus vigilant à l’avenir et de ne pas être de ceux qui proposeront Blaise Compaoré à l’élection du prix Nobel de la Paix.

Il nous invite quant à lui à réfléchir à la difficulté de travailler avec des états à la démocratie naissante : « en France, il nous a fallu des siècles… ». Refrain connu !

Joël Perrin


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