9 juillet 2008 : Transparency international et l’association Sherpa ont déposé une plainte contre 5 présidents africains
mercredi 16 juillet 2008
Nous vous publions ci-dessous le communiqué de presse de l’association de lutte contre la corruption Transparency international (site à l’adresse http://www.transparency.org/). Cette plainte concerne aussi Blaise Compaoré. Nous publions aussi les commentaires du quotidien burkinabé l’Observateur du 13 juillet 2008. On trouvera aussi des commentaires sur cette nouvelle plainte. On pourra aussi se reporter à l’article du site http://www.rue89.com/2008/07/15/transparency-porte-plainte-pour-saisir-la-ferrari-domar-bongo
Le communiqué de presse de transparency international Source : http://www.transparency.org/news_room/latest_news/press_releases_nc/2008/2008_07_10_france_complaint
TRANSPARENCE INTERNATIONAL (France) et l’Association SHERPA indiquent qu’a été déposée mercredi 9 juillet au Parquet de PARIS, une nouvelle plainte simple visant les conditions dans lesquelles un très important patrimoine immobilier et mobilier a été acquis en France par Messieurs Denis SASSOU NGUESSO, Omar BONGO, Téodoro OBIANG, Blaise COMPAORE, Eduardo DOS SANTOS ainsi que les membres de leur entourage.
Déposée par TRANSPARENCE INTERNATIONAL (France) et des ressortissants gabonais et congolais représentés par Maître William Bourdon, cette plainte vise exactement les mêmes faits que ceux dénoncés dans une plainte déposée l’année dernière par les associations SHERPA, Survie et la Fédération des Congolais de la Diaspora. Malgré les résultats très probants d’une première enquête préliminaire, cette dernière a fait l’objet d’un classement sans suite. Le nouveau dispositif issu de la loi du 5 mars 2007 fait obligation aux nouveaux plaignants - qui envisagent par la suite de se constituer partie civile - de déposer une nouvelle plainte simple. Ceux-ci espèrent qu’une information judiciaire sera ouverte dans les plus brefs délais. En effet, la première enquête de police avait révélé l’existence d’un patrimoine considérable. La plupart des informations réunies dans la plainte initiale avaient en outre été confirmées.
Il n’y a aucun doute sur le fait que ce patrimoine n’a pu être acquis grâce aux seuls salaires et émoluments des personnes visés. Il existe de plus pour certains d’entre eux de très sérieuses présomptions d’être ou d’avoir été les instigateurs d’importants détournements de biens publics. Il appartiendra au Juge d’instruction de déterminer dans quelles conditions ce patrimoine immobilier a été acquis et celles dans lesquelles les très nombreux comptes bancaires identifiés par les services de police ont été alimentés. Il conviendra également de tirer toutes les conséquences du concours prêté par certains intermédiaires à la réalisation des opérations litigieuses.
TRANSPARENCE INTERNATIONAL (France) considère qu’il est urgent de faire progresser les droits à réparation des victimes de la corruption. La restitution des avoirs détournés par les dirigeants indélicats est l’une des toutes premières priorités de Transparency International qui a beaucoup ouvré pour que ce principe figure dans la convention des Nations unies contre la corruption (convention dite de Mérida, 2003). Les populations les plus défavorisés sont toujours les premières victimes de ces détournements. La restitution des avoirs détournés constitue le chapitre de la convention autour duquel existe le plus fort consensus parmi les pays signataires, tant au Sud qu’au Nord. L’Etat français, qui a, à plusieurs reprises, réitéré son soutien à ce principe, doit s’assurer que l’argent de la corruption n’est pas recyclé au travers d’investissements réalisés sur son territoire.
Paris le 10 juillet 2008
Les commentaires du quotidien burkinabè l’Observateur daté du 13 juillet 2008
Burkina Faso : Résidences en France Blaise dans le viseur de Transparency
Source : http://www.lobservateur.bf/spip.php ?page=article_archive&id_article=8604 Ils sont cinq dans le collimateur de deux ONG de défense des droits de l’homme. Des chefs d’Etat africains en exercice accusés par Transparency international et Sherpa, de recel de détournement de biens publics.
En première ligne, Omar Bongo du Gabon, doyen des chefs d’Etat, au pouvoir depuis 41 ans ; viennent ensuite le Congolais Denis Sassou Nguesso et loin derrière, l’Angolais Eduardo Dos Santos ; l’Equato-guinéen Teodoro Obiang Nguema, et enfin, le Burkinabè Blaise Compaoré, le seul de la liste dont le pays n’est pas producteur de pétrole, mais plutôt pays pauvre très endetté. Selon la plainte déposée à Paris et appuyée par des investigations de la police française, ces hommes d’Etat seraient à la tête d’impressionnants patrimoines fonciers en France ; des biens, que les accusés n’ont pu acquérir avec leurs seuls salaires.
Deuxième du genre, l’action conjointe des deux ONG se base sur les enquêtes menées l’an dernier, par la police française dans le cadre d’une affaire similaire et qui s’était soldée par un classement sans suite. Si Denis Sassou Nguesso et son gendre, Omar Bongo, ont pris des avocats pour défendre leurs très importants intérêts en France, il semble que les enquêtes menées sur Eduardo Dos Santos et Blaise Compaoré n’aient, pour le moment en tout cas, pas réunis suffisamment d’éléments pour appuyer l’accusation. Reste à savoir si, cette fois- ci, la Justice pourra enquêter sur les conditions d’acquisition de ce fabuleux trésor ; ou si comme le laissent entendre les avocats de Bongo et Sassou Nguesso « posséder un bien en France n’est pas une infraction ».